diumenge, 1 de març del 2015

OSCARS 2015

Ce qu'il faut voir et retenir de la soiree 23-02-2015


Qui sont les gagnants et les perdants des 87es Oscars ? De Birdman à Lady Gaga, en passant par la prestation du maître de cérémonie Neil Patrick Harris, voici les hauts et les bas de la soirée, en détail et en vidéos.
LES GAGNANTS
Birdman s'envole
"Qui a donné à ce salaud la Green Card ?" s'est amusé Sean Penn au moment de remettre à Alejandro Iñárritu l'oscar du meilleur film. Le réalisateur mexicain n'a pas fait le déplacement pour rien. Avec quatre statuettes - dont celle du meilleur réalisateur -, Birdman (qui sort en France mercredi) a été le grand vainqueur de la soirée, confirmant son statut de favori (neuf sélections). Une consécration amplement méritée pour cette comédie noire qui rompt avec les tragédies (21 Grammes, Babel) auxquelles nous avait habitués Iñárritu. Aussi brillant dans la forme - un long plan-séquence dans les travées d'un théâtre de Broadway - que sur le fond (une satire cinglante du show-business), Birdman est porté par son interprète principal, Michael Keaton, qui a pris des risques en acceptant de jouer un acteur has been ne s'étant jamais remis d'un rôle de super-héros qui ressemblait fortement à Batman. Seul regret de la soirée : le sosie de Julien Lepers a été privé de l'oscar par Eddie Redmayne pour son imitation du physicien Stephen Hawking dans le pas si merveilleux Une merveilleuse histoire du temps. Voilà qui confirme que, pour décrocher la statuette du meilleur acteur, il vaut mieux se grimer que d'accepter de se mettre à nu...
Discours de remerciement d'Alejandro Iñárritu
Alexandre Desplat décroche enfin son oscar grâce à Grand Budapest Hotel
Cocorico ! Après huit sélections (dont deux cette année), le compositeur français Alexandre Desplat a enfin remporté son premier oscar pour sa partition de The Grand Budapest Hotel. Une consécration pour ce caméléon musical qui, dans le film, a créé la bande-son d'un pays imaginaire, Zubrowka, symbolisant toute la Mitteleuropa. Grand Budapest décroche trois autres oscars (meilleurs décors, costumes et maquillages), une belle revanche pour le dandy Wes Anderson, longtemps snobé par l'Académie.
Regardez le discours d'Alexandre Desplat
Julianne Moore reconnue à sa juste valeur
Les votants ont de la mémoire. Après quatre sélections, Julianne Moore remporte enfin et sans surprise sa première statuette pour son rôle d'une professeur atteinte d'Alzheimer dans Still Alice. "J'ai lu un article qui disait que gagner un oscar rallongeait l'espérance de vie de cinq ans. Si c'est vrai, je suis ravie, car mon mari est plus jeune que moi", a expliqué celle qui n'a pourtant nul besoin de cure de jouvence.
Discours de Julianne Moore
Les 12 travaux de Patricia Arquette
Elle a offert son visage à l'irréparable outrage du temps dans Boyhood de Richard Linklater, tourné durant 12 années. Distinguée au titre de meilleur second rôle féminin, la soeur de Rosanna Arquette s'est transformée en suffragette en plaidant pour une égalité des salaires entre hommes et femmes. Meryl Streep et Jennifer Lopez l'ont chaudement applaudie.
Discours de Patricia Arquette
Whiplash battant
L'oscar du meilleur second rôle masculin était attendu pour l'extraordinaire J. K. Simmons, homme aux 140 rôles qui va enfin être reconnu par le grand public. Mais le film de Damien Chazelle, grande révélation de 2014, remporte aussi les oscars du meilleur montage et mixage. Après des standing ovations de Sundance à Deauville, en passant par Cannes, ce Rocky de la batterie achève donc en beauté sa formidable année avec trois trophées.
Discours de J. K. Simmons
John Legend entre dans l'histoire
Remportant l'oscar de la meilleure chanson pour le très beau film Selma sur la célèbre marche civique de Martin Luther King, John Legend et Common ont fait pleurer entre autres Chris Pine et Oprah Winfrey en évoquant une "lutte pour la justice toujours d'actualité" et une surreprésentation des Noirs dans les prisons américaines. La preuve que le combat du Docteur King n'est toujours pas achevé.
La chanson "Glory" interprétée sur la scène des Oscars
LES PERDANTS
Neil Patrick Harris trop sage
Le numéro d'intro en chanson de Neil Patrick Harris
On attendait beaucoup de celui qui avait la lourde tâche de succéder à Ellen DeGeneres comme hôte des Oscars. Neil Patrick Harris avait tous les atouts pour lui : il est connu des fans de séries télé pour avoir interprété le surdoué Docteur Doogie et le roi des hétéros beaufs Barney Stinson dans How I Met Your Mother, mais il est aussi un as des comédies musicales, vainqueur d'un Tony Award à Broadway. Hélas, après un premier tour de chant enthousiasmant en hommage à l'histoire d'Hollywood, le maître de cérémonie a été bien plus laborieux. Il a notamment commis une blague douteuse sur le "traître" Edward Snowden et, pire, a commis un jeu de mots sur les "boules"/"couilles" de la robe à pompons de Dana Perry, lauréate du meilleur court-métrage documentaire, qui venait d'évoquer la perte de son fils suicidé... C'est ce qu'on appelle une vraie boulette.
American Sniper éliminé
Avec six nominations, American Sniper était l'un des favoris dans la course aux Oscars. Il est finalement reparti quasi bredouille, avec une seule victoire dans une catégorie technique (meilleur montage sonore). Le film de Clint Eastwood est pourtant indéniablement le vainqueur de l'année au box-office avec déjà 428 millions de dollars de recettes dans le monde. Mais les polémiques n'ont pas souvent la cote auprès de la très sage Académie des Oscars et American Sniper les collectionnait...
Lire notre analyse : Le sniper qui déculpabilise l'Amérique
Boyhood arrête sa croissance
Il avait volé la vedette à tout le monde au début de la saison des prix : Ours d'argent à Berlin, Golden Globes, Bafta, SAG... Mais Boyhood n'a pas brillé aux Oscars. Douze ans de tournage pour une seule statuette dorée, ce n'est pas très rentable ! Favori avec six nominations, Boyhood ne récolte finalement que l'oscar du meilleur second rôle. Pis, il a eu droit au mépris de l'inénarrable Laurent Weil sur Canal+, qui a estimé que ce n'était "pas un grand film".
Le scandale Lego
C'était LE grand film d'animation de l'année 2015, mais La Grande Aventure Lego a été somptueusement ignoré de l'Académie des Oscars qui n'a même pas daigné le faire concourir au titre de meilleur film d'animation. Et malgré un numéro musical endiablé, seul moment vraiment léger d'une cérémonie par ailleurs très monotone, le "blockbuster" n'a pas non plus été récompensé pour sa chanson super géniale "Everything Is Awesome".
ON NE SAIT PAS OÙ LA RANGER
S'étant présentée sur le tapis rouge avec des gants de toilette, Lady Gaga a visiblement fait le ménage dans sa garde-robe. Exit les tenues en viande, place à une robe immaculée : la popstar a joué les saintes nitouches pour un hommage surprenant à La Mélodie du bonheur, qui fête ses 50 ans cette année. Julie Andrews (l'interprète originale) semble lui avoir donné sa bénédiction. Et vous ?